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lundi 27 avril 2009

Qui veut être le prochain super-héros ?


Les super-héros et les États-Unis, c'est une grande histoire. J'avais déjà écrit sur le sujet, en expliquant comment la production d'œuvres comportant des super-héros était intimement liée à la situation des États-Unis:
  • Le super-héros est un modèle américain, self made man, protecteur du plus faible, reprenant les valeurs les plus fortes de l'american dream.
  • Depuis toujours, il est produit sur les supports les plus populaires, des journaux aux comics, puis des comics aux films et aux séries télévisés.
  • La production de supers-héros croit dès que les Etats-Unis sont en situation de conflit, de la seconde guerre mondiale au Vietnam et plus récemment de l'Afghanistan à l'Irak.
De façon plus synthétique, la production de super-héros permet aux américains de se retrouver autour de leurs valeurs en utilisant les supports les plus populaires de son époque.

Cependant, une nouvelle tendance apparaît : les Real Life Super Heros ou RLSH.

Mais c'est quoi ???
Ce sont des personnes qui décident de devenir des super-héros. Ils patrouillent dans les villes, tard la nuit, et interviennent pour sauver les innocents. Il existe des règles et une philosophie à suivre :
  • Un costume qui ne doit pas voler le copyright des super-héros virtuels (DC Comic, Marvel, etc...) avec un masque pour protéger sa vraie identité.
  • Agir pour le bien des innocents (plus que dans une vie normale).
  • Être noble dans son action et ne pas agir pour le compte d'une société.
  • Ne pas avoir des armes pouvant causer la mort.
  • Être juste dans son combat (les prostitués, les consommateurs de drogues, etc... ne sont pas les plus dangereux).
Le site qui recense ces règles mais aussi la liste des Real Life Superhero est le World Superhero Registry. On y découvre les supers qui combattent le crime comme Insignis qui agit à Salt Lake City ( Myspace), Citizen Prime qui patrouille en Arizona (Myspace), Tothian qui est un chevalier solitaire à New York (lui aussi a son Myspace) ou encore Polar Man qui surveille les rues avec sa pelle.



Il en existe beaucoup listés sur le registre des super-héros (environ une trentaine). Ce qui est assez impressionnant ce sont les 400 personnes qui attendent leur entrée dans le registre dont 250 ont un site relatant leurs aventures.
D'ailleurs le World Superhero Registry regroupe des tutoriaux pour créer son costume ou ses armes (ambiance taser). Si vous êtes créateurs de costume, vous pourrez mettre votre profil en ligne comme Professor Widget (mon préféré) ou Masked Bird.


Professor Widget
Le mouvement s'emplifiant, les super-héros se regroupent en confédération comme the Black Monday Society ou encore The Signal Light Foundation, le réseau social des super-héros (utilisant Ning). Celui-ci permet les alliances entre super-héros par expertise ou lieu d'action.
Mais attention, parfois les interventions se passent mal comme Master Legend attaqué par un homme au marteau ou Black Owl embarqué par la police.

Tout un monde qui vit la nuit et veille sur nous. Merci les supers !

mercredi 8 avril 2009

Volume & rentabilité pour les images en ligne

Avec plein de retards sur mes flux RSS, je remonte doucement la pente des actualités importantes (ou pas). Je suis donc tombé sur un article de TechCrunch assez intéressant, puisqu'il présentait les plateformes d'hébergement de photographies les plus utilisées par les internautes. Le classement m'a assez étonné :


ImageShack est premier avec ses 20 milliards d'images hébergées. Selon le créateur (ancien de chez Google), le site est ultra rentable grâce à l'architecture d'optimisation de l'utilisation des serveurs (qui servent à héberger les images). En effet, même le deuxième mois de création du site, il était déjà profitable puisque le coût de stockage est de seulement 1000$ (de serveur Linux) pour 2000 Go de données.

Le souci c'est la valeur de l'image.
En effet, pour monétiser ce type de service d'hébergement, il faut :
  • soit pousser la publicité auprès des consommateurs (free),
  • soit mettre en place un service premium, où les consommateurs paient pour le service,
  • soit trouver une troisième voie.
Les deux premières options sont souvent associées pour créer un modèle qu'on appelle freemium : gratuit pour une utilisation très basique, le service devient payant dès lors que les consommateurs recherchent des fonctionnalités avancées (je viens de voir sur Wikipedia que le terme aurait été inventé par Fred Wilson, un peu mon gourou du web).
Dans le cas d'ImageShack, les consommateurs payant 68$ par an ont droit à 10go de stockage, bande passante illimitée, outils spécifiques, téléversement illimité(pour ceux qui ne savent pas ce que ça veut dire, le téléversement correspond à l'upload anglais), vitesse assurée... une offre de service basique pour ce genre de société.
Le problème de la publicité est qu'elle dépend du nombre de visiteurs sur le site, et là, Facebook est loin devant tous les autres services d'hébergement de photographies. Le problème du freemium est que les consommateurs veulent de moins en moins payer, surtout pour un service proposé gratuitement (malgré les fonctionnalités additionnelles) soit sur le site, soit chez les concurrents. Il faut donc réfléchir à la troisième voie. Et celle-ci pourrait être plus liée à la qualité du contenu hébergé plutôt qu'à la quantité.


Flickr avait prévu en 2007 de lancer une place de marché pour les photographies. En effet, la population utilisant Flickr est plus proche de photographes professionnels et semi-professionnels que du simple hébergement d'images non monétisables à la ImageShack, proposer des outils de monétisation des contenus créés semblaient une bonne idée. Le lancement de la plateforme Flickr Stock a été annulé, remplacé par un partenariat avec Getty Image moins ambitieux (news par là). Getty Image est déjà une place de marché de photographies (mais aussi de musique et de production multimédia) permettant l'achat sur internet en gérant les droits d'auteurs, les royalties, et toute la relation commerçante avec les producteurs de contenu. Malgré les contraintes du partenariat (moins large que l'idée du Flickr Stock), le principe est pertinent et sort des traditionnels modèles économiques qui marchent mal face à la gratuité. Et puis, il permet à des challengers de grands sites, sans forcément beaucoup de consommateurs, jeunes & ambitieux, de se créer un marché et pourquoi pas d'être plus rentable que les sites de stockage pure.

Globalement la direction prise par Flickr me semble être la plus intéressante. Stocker, diffuser puis permettre à ses utilisateurs de monétiser leurs productions est révolutionnaire en terme de business modèle, remettant en cause les fondements de la production immatérielle ... un classique du web !

Image : CNet

mercredi 18 mars 2009

Super-Héros, miroirs américains

Les super-héros ont toujours eu une place particulière aux Etat-Unis. A travers les comic books (à ne pas confondre avec les comic strips, le premier étant proche de la bande dessinée, une histoire développée en plusieurs pages; tandis que le second ne fait que quelques cases sous forme de feuilleton), les super-héros ont envahis la culture populaire américaine. Le premier, Superman est apparu en 1938 (le plus populaire), puis la production a cru jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. S'ensuit une traversée du désert pour ce genre, qui se renouvelle au début des années 80.


Il y a deux éléments intéressant avec ce genre typiquement américain :
  • Le super-héros est intimement lié à l'histoire américaine, lié à l'entrepreunariat, au self made man, à l'acteur de son monde qui le change en fonction de ses valeurs, mais aussi à la personne qui refuse les discriminations, qui défend la liberté, etc ... l'américain qui se bat pour ses valeurs.
  • Il est aussi un pur produit de la culture populaire américaine. Démocratisé à travers les comic books, genre populaire, il est un bon miroir de l'état d'esprit des américains.
La conséquence de ces deux éléments font qu'en période de difficulté pour les Etats-Unis le genre revient sur le devant de la scène. En effet, devenu important lors de la seconde guerre mondiale, en période de tension mondiale, à travers le stéréotype du héros (Superman est assez imbattable), revenu lors des guerres du Vietnam toujours sur le même support (comic books) , le genre se démocratise depuis quelques années sur de nouveaux supports populaires.
Les films de super-héros, depuis l'action des Etats-Unis en Afganistan, puis en Irak, ne cessent de se développer. En utilisant un des médias les plus populaires, les Etats-Unis se concentrent autour de ce modèle. De même, l'émergence des séries télévisées avec des super-héros (Heroes en premier) popularisent le genre vers une nouvelle population qui n'a pas lu les comics, toujours à travers un canal populaire (voir le plus populaire).

Cette double tension, entre média populaire et situation de crise donne sa place au super-héros qui représente la réponse du peuple américain aux menaces du monde.
Moralité : si vous voyez plein de super-héros, c'est parce que les Etats-Unis souffrent !