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lundi 27 avril 2009

Qui veut être le prochain super-héros ?


Les super-héros et les États-Unis, c'est une grande histoire. J'avais déjà écrit sur le sujet, en expliquant comment la production d'œuvres comportant des super-héros était intimement liée à la situation des États-Unis:
  • Le super-héros est un modèle américain, self made man, protecteur du plus faible, reprenant les valeurs les plus fortes de l'american dream.
  • Depuis toujours, il est produit sur les supports les plus populaires, des journaux aux comics, puis des comics aux films et aux séries télévisés.
  • La production de supers-héros croit dès que les Etats-Unis sont en situation de conflit, de la seconde guerre mondiale au Vietnam et plus récemment de l'Afghanistan à l'Irak.
De façon plus synthétique, la production de super-héros permet aux américains de se retrouver autour de leurs valeurs en utilisant les supports les plus populaires de son époque.

Cependant, une nouvelle tendance apparaît : les Real Life Super Heros ou RLSH.

Mais c'est quoi ???
Ce sont des personnes qui décident de devenir des super-héros. Ils patrouillent dans les villes, tard la nuit, et interviennent pour sauver les innocents. Il existe des règles et une philosophie à suivre :
  • Un costume qui ne doit pas voler le copyright des super-héros virtuels (DC Comic, Marvel, etc...) avec un masque pour protéger sa vraie identité.
  • Agir pour le bien des innocents (plus que dans une vie normale).
  • Être noble dans son action et ne pas agir pour le compte d'une société.
  • Ne pas avoir des armes pouvant causer la mort.
  • Être juste dans son combat (les prostitués, les consommateurs de drogues, etc... ne sont pas les plus dangereux).
Le site qui recense ces règles mais aussi la liste des Real Life Superhero est le World Superhero Registry. On y découvre les supers qui combattent le crime comme Insignis qui agit à Salt Lake City ( Myspace), Citizen Prime qui patrouille en Arizona (Myspace), Tothian qui est un chevalier solitaire à New York (lui aussi a son Myspace) ou encore Polar Man qui surveille les rues avec sa pelle.



Il en existe beaucoup listés sur le registre des super-héros (environ une trentaine). Ce qui est assez impressionnant ce sont les 400 personnes qui attendent leur entrée dans le registre dont 250 ont un site relatant leurs aventures.
D'ailleurs le World Superhero Registry regroupe des tutoriaux pour créer son costume ou ses armes (ambiance taser). Si vous êtes créateurs de costume, vous pourrez mettre votre profil en ligne comme Professor Widget (mon préféré) ou Masked Bird.


Professor Widget
Le mouvement s'emplifiant, les super-héros se regroupent en confédération comme the Black Monday Society ou encore The Signal Light Foundation, le réseau social des super-héros (utilisant Ning). Celui-ci permet les alliances entre super-héros par expertise ou lieu d'action.
Mais attention, parfois les interventions se passent mal comme Master Legend attaqué par un homme au marteau ou Black Owl embarqué par la police.

Tout un monde qui vit la nuit et veille sur nous. Merci les supers !

vendredi 24 avril 2009

Merci Cooliris: nouveautés & pistes de développement


Aujourd'hui j'ai reçu un mail de Boriana Trifonova, content manager chez Cooliris. Je vous avais déjà parlé de Cooliris dans un article précédent (un de mes premiers articles d'ailleurs), et il semblerait qu'ils l'aient lu, puisqu'ils me contactent pour me prévenir de la sortie de Cooliris 3D Wall et autres news : est-ce ça de devenir blogueur ?

Quoiqu'il en soit, j'avais écrit que je rêverais de pouvoir me balader à travers mes photos ou vidéos grâce à leur outil de visualisation, il semblerait que ça arrive. En effet, les nouvelles fonctionnalités mises en avant par Cooliris sont assez intéressantes :
  • Possibilité de visualiser les photographie sur Facebook
  • Possibilité de visualiser les images contenues sur son ordinateur
  • Possibilité d'avoir plus d'informations sur l'image ou la vidéo visualisées (notes, taille, etc...)
Le logiciel est vraiment d'excellente qualité, que ce soit dans la visualisation (le cœur) ou dans son souci du détail. Les mises à jour ne sont pas trop fréquentes, à chaque mise à jour des fenêtres d'aides apparaissent pour souligner les principales innovation en jaune sur l'image), tout est fluide, simple, propre ... un très bel outil.


Maintenant que Cooliris prend place avec le contenu de nos disques durs, la boucle est bouclée, du web au poste client. Ce qui est intéressant, c'est de noter les voies de développement choisies, là où les consommateurs d'images se trouvent, que ce soit avec Facebook, Google Image, Youtube, Picasa, etc... il est évident que les développeurs de Cooliris suivent les comportements des internautes. De plus, le partenariat avec Amazon pourrait être répliqué avec d'autres sites d'e-commerce où le problème de visualisation du catalogue est souvent présent.

Pour rester critique, plusieurs points sont à perfectionner :
  • les miniatures : la complexité du rapport taille / temps d'affichage fait que les miniatures sont vraiment de qualité minimale, peut-être serait-il judicieux de paramétrer la qualité en fonction du débit disponible.
  • Le téléchargement de l'image lorsqu'on clique dessus : dommage que pour les photographies sur le disque dur, le temps de chargement soit toujours présent.
  • Le support des différents codecs vidéos (sur le disque dur).
Quelles pourraient être les pistes de développement ?
  • Un outil de place de marché à destination des professionnels à travers certains sites (article sur les stratégies de valorisation de l'hébergement d'image), par exemple Getty Images.
  • La possibilité de télécharger les images directement dans un dossier via une icône.
  • L'intégration de site comme ffffound! ou Ads of the World qui regroupent des centaines d'images - publicités - créations.
  • Des possibilités de navigation étendues : images similaires (Google Similar Images), chronologie, auteur, tags, etc...
  • Devenir l'outil de référence de la gestion des images sur le PC : l'iTunes des photographies avec un "cover-flow" like ?
En gros, cela dépend des options de monétisation du service choisies par Cooliris. Mais quoiqu'il en soit, le produit est arrivé à une belle maturité. A vous d'essayer !

Pour installer le plugin (IE, Firefox) : http://www.cooliris.com/
Le blog de Cooliris : http://blog.cooliris.com

jeudi 23 avril 2009

Porosité politique : Internet, Hadopi et la Suède

Les politiques doivent se positionner sur de nombreux sujets. Parfois ils apparaissent rétrograde, parfois ils sont moteurs des changements de la société. Ces derniers temps, le monde du numérique a été l'objet d'une attention croissante pour les politiques, que ce soit à travers son utilisation pour la campagne d'Obama, ceux qui décident de se mettre sur Twitter ou Facebook, la diffusion de vidéos remettant en question les versions officielles, ou encore le téléchargement illégal et la proposition de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet (ou " loi HADOPI ", projet de loi « Création et Internet »).

Le manque de contrôle politique sur Internet de manière générale est flagrant. Cependant la tendance est à la mise en place d'un cadre restricteur par les États et non à un niveau supranational. Ce qui est intéressant c'est la façon dont un certain nombre d'internautes ont réagi politiquement sur internet. Le téléchargement illégal est un problème pour les industries des médias, plus particulièrement la musique, la vidéo (cinéma, séries, émissions), le papier (journaux, encyclopédies, livres à terme?). C'est un problème pour les organisations qui maîtrisaient ces canaux de diffusion. Les alternatives peinent à se développer, et désormais tout le monde sait que Deezer est un exemple (cité de nombreuses fois par les députés lors du débat), même si il n'arrive pas à gagner suffisamment d'argent. Ce qui l'oblige à modifier son business model.

La loi "Hadopi" (l'acronyme de la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des Droits sur Internet, l'organisme juge et police) a suscité de nombreuses réactions des acteurs d'internet en France, que ce soit par des blogueurs, des hommes politiques ou des anonymes. Elle a été votée une première fois et rejetée (l'apparition juste au moment du vote de suffisamment de député socialistes pour l'inverser). Une assurance est apparue sur ce terreau fertile pour protéger les internautes téléchargeant illégalement. A côté de l'hémicycle, sur Twitter, beaucoup de monde relayaient les débats, commentaient, protestaient, comme le montre le graphique ci-dessous :
Les jours correspondent bien (les comptes-rendus des journées sur PC Inpact) montrant comme internet a fait écho au débat politique. Les messages sur Twitter peuvent être retrouvée ici ou (#hadopi ou juste hadopi, le # accolé à un terme permettant de créer un fil de discussion plus précis). La perméabilité est telle que plusieurs manifestations se sont organisées via Twitter et les blogs le 25 avril.

Et les recherches des internautes (via Google Trend) ou le nombre d'article de blogs contenant le terme Hadopi (via Google Blog Search) sont les meilleures preuves de cette mobilisation. Évidemment, cette mobilisation est égocentrique, au sens où les internautes sont concernés par cette loi, qu'ils soient téléchargeurs ou simples utilisateurs, entrepreneurs du web ou blogueurs.

Deux principaux acteurs sont apparus :
  • La quadrature du net : un collectif de citoyens qui informe sur des projets législatifs menaçant les libertés individuelles, les droits fondamentaux et le développement économique et social à l'ère du numérique. Leur point de vu sur la loi permet de mieux la comprendre.
  • Le réseau des pirates, les premiers signataires à l'origine du "Pacte pour les libertés numériques" (pour le lire); blogueurs, activistes, journalistes, spécialistes des nouvelles technologies, développeurs, simples internautes, etc., tous passionnés par le Net, convaincus de sa puissance transformatrice, et attachés à défendre les nouvelles libertés qu'il offre.

Ces deux organisations - collectifs sont apparus suite à la mobilisation des français sur internet, laissant préfigurer la création et l'institutionnalisation d'un espace politique sur le web.


A côté du débat français, la Suède vit aussi le même type d'évènement. The Pirate Bay qui est un site hébergeant des liens pour télécharger des oeuvres culturelles (illégalement pour les contenus protégés par le droit d'auteur), vient de voir ses créateurs condamnés à 1 an de prison ferme et 2,7 millions d'euros de dommage et intérêt à destination de l'industrie du disque, du cinéma et du jeu vidéo. Cette condamnation lourde a entraîné des milliers de personnes à adhérer au Parti Pirate suédois, le PiratePartiet en version originale. J'avais rédigé un article sur la typologie des amateurs de torrents, ces liens trouvable sur ce genre de site, permettant de télécharger les œuvres. Et ce sont les mêmes personnes qui se retrouvent au PiratePartiet, devenant progressivement la plus grande force politique rassemblant les jeunes (dont la majorité n'ont pas encore l'âge de voter), et le quatrième parti politique du pays en nombre d'adhérent. Dès l'annonce du verdict (il y aura appel), 3 500 personnes ont adhéré au parti.

Le virtuel entre progressivement dans le réel, et la désaffection des partis politiques de la part du publique souligne en fait le manque de débat sur certaines questions. Les moyens de diffusion de l'information, l'interactivité, l'intelligence collective qui se retrouvent sur internet en font un terreau extrêmement fertile pour les politiques, permettant l'intégration des citoyens sur les questions qui les touchent, et par conséquent un contre-pouvoir en voie d'institutionnalisation et de structuration.

vendredi 17 avril 2009

Raccourci d'url, comparatif de l'offre

Avec l'apparition des outils de communications construits sur des courts messages (Twitter, Facebook et leur potes), associée à l'augmentation des contenus générés par les utilisateurs (UGC avec les blogs, les vlogs, les ...), alimentée par l'action de diffusion des liens via les internautes (spread the word), les sites de raccourcis d'url sont à la mode.
Ces sites permettent de diminuer le nombre de caractère composant une url. Par exemple, à la place de diffuser http://gaitme.blogspot.com, le site permet de partager http://tr.im/iSkO. Le gain est évident car passer d'une url longue à une url composée de 17 caractères. (Pour rappel, l'url pour Uniform Resource Locator, est une chaîne de caractères utilisée pour adresser les ressources du web : document HTML, image, son, forums, boîte aux lettres électroniques, etc. Elle est aussi appelée une adresse web. De Wikipédia).
Les plus connus sont tr.im, TinyUrl, is.gd ou encore pour la version française, petiteadresse.com.

La demande augmentant pour ce genre de service, la concurrence s'active et les services de raccourcis d'url proposent de nouvelles options. La plus importante concerne les statistiques de diffusion de votre lien. En effet, il est très utile de savoir le taux de transformation d'un lien, c'est à dire combien de personnes ont cliqué dessus afin de mesurer l'efficacité de la diffusion. De mes précédentes expériences, le taux de clic est d'environ 10% : lorsque je diffuse un lien à mes contacts sur Twitter ou Facebook, un dixième ira dessus.
En me baladant sur la toile, je suis tombé sur cet article présentant les différents services de raccourcis d'url. Synthèse d'un article de Dany Sullivan, le tableau ci-dessous permet de mieux visualiser les différences entre ces services.


Un de ces services récemment lancé, Budurl n'est pas dans la liste ci-dessus. Plus d'informations ici (tracking + raccourci).
De même FFF.to avec un article dédié par là (tracking + raccourci) ou encore Go2me qui ajoute la possibilité de commenter l'url. Je ne suis pas sur que cette fonctionnalité soit déterminante car la possibilité de laisser des commentaires est de plus en plus présente sur les sites, et le mode de diffusion de ce genre d'url raccourcie permet généralement la conversation.
Quoiqu'il en soit, le marché fourmille d'offres.

D'ailleurs, même les marques se positionnent sur ce créneau avec une belle opération de smart (oui la toute petite voiture) ayant construit un site permettant de diminuer la taille des liens :

L'idée est assez bonne je trouve, pertinente et bien web oriented (même si on a vu plus petit que http://so-smart.be/~3f82dz comme lien raccourci). Les blogueurs ont aimé (Gaduman par exemple) !

Pour revenir au tableau récapitulatif :
  • La redirection 301 ou 302 : en fait, lorsqu'un moteur de recherche indexe (scan et enregistre) un lien, le site peut l'indiquer comme provisoire (302) ou définitif (301). Lorsqu'il indique un redirect 302, le moteur comprend que le lien est temporaire. La redirection 301 est donc préférable.
  • Le tracking consiste à avoir des informations sur les personnes ayant cliqué sur le lien, utile dès qu'on cherche à analyser.
  • Le nombre de caractère du domaine et de l'extension permet de savoir la longueur du lien. Globalement ces services se ressemblent (pour Twitter, 4 caractères représentent tout de même 3% du message).
  • La colonne sharing indique si le lien peut être directement diffusé à son réseau via l'utilisation de Twitter. A noter que cette option se démocratise à toute vitesse.
  • La custom url est un lien composé d'un mot défini par l'utilisateur par exemple : http://tr.im/gaitme
Il est évident que le marché de ces services vont se concentrer dans les mois à venir et que les fonctionnalités vont se ressembler de plus en plus.
Les 2 premiers en fonctionnalité sont bit.ly et tr.im et dans la fréquentation bit.ly mène la danse (et au jeu des services en ligne, le premier à avoir atteint la masse critique d'utilisateur tend à dominer son marché) :

A vous de faire votre choix, en toute connaissance de cause maintenant !

jeudi 16 avril 2009

Les frontières mouvantes de l'organisation

Un partenariat, selon nos amis de Wikipédia, est
une association active de différents intervenants qui, tout en maintenant leur autonomie, acceptent de mettre en commun leurs efforts en vue de réaliser un objectif commun.
En gros, j'ai besoin toi, tu as besoin de moi, associons-nous !

Une jeune société innovante sur internet débute sa vie par un déficit flagrant en ressources, quelles soient financières, temporelles, managériales & humaines, en terme de marketing, de communication, de SAV, etc... La logique derrière un partenariat est donc un manque de ressources. Traditionnellement, les sociétés dans ce genre de situation ont deux grands choix, le passage par le marché (acquisition d'une société complémentaire, recrutement ...) ou développer ses ressources en interne (formations, identification des compétences ...). L'arbitrage entre ces deux propositions dépend de la facilité d'accès au marché, de la facilité de transfert de l'actif recherché, des ressources à disposition de l'entreprise, etc ...


La troisième voie entre marché et ressources internes semble être le partenariat car il peut s'appliquer sur tous les champs d'actions de l'entreprise. La difficulté devient donc d'identifier les bons partenaires. Et puis, si finalement la notion de partenariat glissait, transpirait à travers l'organisation, si les frontières tombaient de plus en plus entre les clients, les fournisseurs, les collectivités, les concurrents et l'entreprise ... peut-être que ça donnerait une organisation qui ressemblerait à ça :


Une entreprise plateforme qui servirait à générer le chiffre d'affaire, mais qui externaliserait - partenarialiserait ses fonctions. Une entreprise tellement flexible et agile qu'elle pourrait survivre aux évolutions ultra rapide de son marché.

Quelques pistes:
  • Support logiciel généré par une base de connaissance publique associée à une communauté d'experts - utilisateurs.
  • Crowdsourcing : utiliser la créativité, l'intelligence et le savoir-faire des internautes (via Wikipédia) associée à une forte interopérabilité (API publiques) et la constitution d'une plateforme applicative (Iphone, Vista, Applications Google).
  • Partenariat universitaires (pôles d'excellences), intervention dans l'enseignement afin d'augmenter la superficie de sa R&D (apports de compétences).
  • Communication large et publique dans les zones de frontières, de son marché campus, colloques, permettant la réflexion sur les produits de substitution (conception ou veille).
  • Incorporation des fournisseurs dans le produit (on est plus fort à plusieurs) et développement de la dépendance fournisseur.
  • Créer sa communauté de clients, préconisateurs, diffuseurs de l'information.
  • Se positionner fortement dans les initiatives gouvernementales, conseiller, analyser et synthétiser le marché dans une optique de lobbying.
  • Outsourcing des fonctions créant peu de valeurs : Ressources humaines (au sens paie et administration - pas pour la gestion des potentiels), Comptabilité, etc ...
Ce ne sont que quelques exemples de modulation des frontières de l'entreprise. Cette perméabilité vers l'extérieur n'est pas forcément un danger pour les informations sensibles de l'entreprise mais nécessite un vrai travail de cohérence et une ligne stratégique claire.
En poussant la logique a son extrême, l'organisation n'est plus que l'association des directeurs de chaque division comportant une masse salariale extrêmement faible : une entreprise plateforme.

mercredi 15 avril 2009

WTF, OMG glossaire moderne

Dans un des articles diffusés sur jeuvideo.org je suis tombé sur l'expression NSFW. Mais qu'est ce que ça veut dire NSFW?

En fait, ce sont les initiales de l'expression Not Safe For Work (merci Wikipédia), sous-entendu à ne pas regarder au travail. En effet, des contenus pouvant choquer votre employeur se cachent derrière ce sigle qu'ils soient sexuellement explicites ou violents. Dans l'article de Wikipédia, une série d'expression commençant par NSF sont expliqués, toutes sur le même principe, et notamment NFS56K, faisant référence à des fichiers trop lourds pour les petits débits, a priori une expression en voie de disparition dans nos pays développées. D'ailleurs, en septembre 2008, 93,9% des abonnés à internet étaient en haut débit en France (source).

Cette histoire me rappelle mes débuts sur internet, comme toutes les premières fois assez intimes et marquantes (ui,ui). A l'époque (milieu des années 90), les jeunes (comme moi) utilisaient l'expression asv avant chaque conversation dans les chats (je me souviens du chat géant de Skyrock ... chacun ses références, mais qui comme avec les skyblogs à une autre époque et pour une autre population, était assez en avance, ou synchrone, avec son temps). ASV c'était pour Âge, Sexe, Ville, définissant son profil en trois mots : Renaud, 14 ans, Nanterre. Il n'y avait pas encore de réseaux sociaux où il suffisait de chercher pour trouver son interlocuteur. De même, le web était un espace anonyme où le choix du pseudo était déterminant (et je suis persuadé que tous ceux qui me comprennent ont eu des pseudos à pleurer de nullité ... non je vous mettrais pas le mien). Évidemment, lorsque parfois j'erre sur les skyblogs, les nouveaux jeunes ont aussi leur pseudo, l'âge serait donc le vrai indicateur ? Il semblerait bien qu'en vieillissant il faille abandonner son double au pseudonyme.

Dans une autre sphère du net, sur les réseaux de jeux en ligne (par exemple Counter Strike, un jeu multijoueur de tir où il fallait jouer en équipe pour gagner), les abréviations-acronymes étaient plus obscures pour le néophyte : GG pour Good Game (ou Bien Joué, BJ), HS pour HeadShot (tir à la tête), HF pour Have Fun, FFA, WTF, DTC, etc... En plus du traditionnel codage de langage adolescent (une période où les enfants sont fiers d'être incompris par leurs parents), ces acronymes permettaient de différencier le néophyte (le joueur occasionnel, le navigateur du web débutant, le noob, noobie, new in the business) du vrai voyageur d'internet (le hardcore gamer). La population était divisée en deux par le langage.

Et globalement, quelque soit le réseau auquel nous appartenons, le principe est le même : un langage pour regrouper la communauté, pour identifier ceux qui en font partie des autres. En entreprise, les anglicismes fleurissent : dashboard, reporting, PR, etc... en banlieue le verlan, et sur Twitter les codes de langage : RT, @..., #machin, etc... Et d'ailleurs, concernant les anglicismes au travail, de nombreuses entreprises créent leur propre langage, utilisant des sonorités anglaises mais se détournant de l'anglais originel, perturbant (ou confusant pour les franglais) les interlocuteurs ayant pour langue maternelle l'anglais.

Je parle donc je suis ?

Évidemment et heureusement, nous appartenons tous à plusieurs cercles de langages, plusieurs cercles de personnes, plusieurs cercles identitaires, nous permettant de changer de casquette, nous adapter aux autres et construisant notre identité. Donc pour se faire comprendre d'une communauté, la première règle est de parler le même langage.

Image : Design You Trust. World's Most Famous Social Inspiration.

mercredi 8 avril 2009

Volume & rentabilité pour les images en ligne

Avec plein de retards sur mes flux RSS, je remonte doucement la pente des actualités importantes (ou pas). Je suis donc tombé sur un article de TechCrunch assez intéressant, puisqu'il présentait les plateformes d'hébergement de photographies les plus utilisées par les internautes. Le classement m'a assez étonné :


ImageShack est premier avec ses 20 milliards d'images hébergées. Selon le créateur (ancien de chez Google), le site est ultra rentable grâce à l'architecture d'optimisation de l'utilisation des serveurs (qui servent à héberger les images). En effet, même le deuxième mois de création du site, il était déjà profitable puisque le coût de stockage est de seulement 1000$ (de serveur Linux) pour 2000 Go de données.

Le souci c'est la valeur de l'image.
En effet, pour monétiser ce type de service d'hébergement, il faut :
  • soit pousser la publicité auprès des consommateurs (free),
  • soit mettre en place un service premium, où les consommateurs paient pour le service,
  • soit trouver une troisième voie.
Les deux premières options sont souvent associées pour créer un modèle qu'on appelle freemium : gratuit pour une utilisation très basique, le service devient payant dès lors que les consommateurs recherchent des fonctionnalités avancées (je viens de voir sur Wikipedia que le terme aurait été inventé par Fred Wilson, un peu mon gourou du web).
Dans le cas d'ImageShack, les consommateurs payant 68$ par an ont droit à 10go de stockage, bande passante illimitée, outils spécifiques, téléversement illimité(pour ceux qui ne savent pas ce que ça veut dire, le téléversement correspond à l'upload anglais), vitesse assurée... une offre de service basique pour ce genre de société.
Le problème de la publicité est qu'elle dépend du nombre de visiteurs sur le site, et là, Facebook est loin devant tous les autres services d'hébergement de photographies. Le problème du freemium est que les consommateurs veulent de moins en moins payer, surtout pour un service proposé gratuitement (malgré les fonctionnalités additionnelles) soit sur le site, soit chez les concurrents. Il faut donc réfléchir à la troisième voie. Et celle-ci pourrait être plus liée à la qualité du contenu hébergé plutôt qu'à la quantité.


Flickr avait prévu en 2007 de lancer une place de marché pour les photographies. En effet, la population utilisant Flickr est plus proche de photographes professionnels et semi-professionnels que du simple hébergement d'images non monétisables à la ImageShack, proposer des outils de monétisation des contenus créés semblaient une bonne idée. Le lancement de la plateforme Flickr Stock a été annulé, remplacé par un partenariat avec Getty Image moins ambitieux (news par là). Getty Image est déjà une place de marché de photographies (mais aussi de musique et de production multimédia) permettant l'achat sur internet en gérant les droits d'auteurs, les royalties, et toute la relation commerçante avec les producteurs de contenu. Malgré les contraintes du partenariat (moins large que l'idée du Flickr Stock), le principe est pertinent et sort des traditionnels modèles économiques qui marchent mal face à la gratuité. Et puis, il permet à des challengers de grands sites, sans forcément beaucoup de consommateurs, jeunes & ambitieux, de se créer un marché et pourquoi pas d'être plus rentable que les sites de stockage pure.

Globalement la direction prise par Flickr me semble être la plus intéressante. Stocker, diffuser puis permettre à ses utilisateurs de monétiser leurs productions est révolutionnaire en terme de business modèle, remettant en cause les fondements de la production immatérielle ... un classique du web !

Image : CNet

mardi 7 avril 2009

Twitter sur Windows Mobile : le meilleur !

En période de mobilité, il est utile de trouver ses outils sur son portable comme à la maison. Il parait que la tendance du 21e siècle c'est la mobilité (parmi d'autre, il parait aussi), mais comment faire lorsqu'on utilise Windows Mobile et que les brillantes têtes de Microsoft n'ont pas réussis à créer un Appstore à la manière de leurs concurrents (qui dit Apple ? Je pensais à Nokia !).

Après une recherche rapide, j'ai trouvé 3 clients mobile pour Twitter. Ce que je cherchais, c'est la même expérience qu'avec un client fixe, comme Twhirl que j'utilise sur mes PCs. Je devais avoir un temps d'actualisation faible, une interface propre et jolie (et là ça se complique), et tous les outils de l'écosystème Twitter que j'utilise (raccourcis d'url pour ne pas consommer mes 140 caractères réglementaires, upload de photographies, suivi simple des individus, ouverture de mon explorateur internet rapide, etc...).

Les 3 challengers identifiés sont :
  • Twobile (par ici). Je passerais rapidement étant donné que j'ai abandonné l'installation : pas réussi à me connecter à mon compte, les challengers étant nombreux, tant pis pour Twobile !
  • Tiny Twitter (par là). Rapide, simple efficace. Le seul défaut est le temps d'actualisation limité à 4 minutes. Ça sent beaucoup le Windows Mobile : beaucoup de clics, un look pas des plus jolis mais le logiciel fait ce qu'on lui demande, et c'est déjà ça. En gros, le plus simple !
  • PockeTwit (c'est là), mon préféré. Damien en fait un très beau descriptif dans son article. Globalement, il est beau, permet beaucoup de choses (notamment la connexion avec l'appareil photo). L'utilisation du tactile, les mises à jour automatiques toutes les minutes pour les addicted à Twitter, les 3 menus bien découpés (principal, timeline et spécifique) en font une superbe application pour Windows Mobile. Et d'ailleurs, visuellement elle ressemble plus à une application pour Iphone qu'à autre chose. Bref, ma préférée malgré la lourdeur de l'application qui consomme les ressources à toute vitesse ! Une belle image ci-dessous :

Comme toujours, la tendance de fonds est l'alignement des visuels des applications vers le leader, Apple. De même, le déplacement des applications vers le mobile permet la création de nouveaux acteurs, cependant la gratuité des offres soulève le problème de la monétisation de ce marché, autrefois de niche pour les développeurs passionnés mais devenant de plus en plus mainstream ... un futur article à écrire.

Images : yourblog.direct2dell.com

dimanche 29 mars 2009

Poyz & Pirlz : marque communauté

Dans notre époque agitée par l'innovation, plusieurs tendances se confrontent, se rencontrent, se combinent pour créer des ensembles plus ou moins homogènes. Après cette introduction obscure, voici l'histoire de Poyz & Pirlz.

What's a poyz ... and a pirlz ?
Poyz & Pirlz est une marque communautaire hétéroclite :


Pour la partie business, Dabaaz s'occupe de la création (logo, charte, vêtements) et de la promotion. Qhuit s’occupe de la fabrication, de la gestion et de la distribution.
Le concept est simple : Vêtements et accessoires unisexes fabriqués en séries limitées, numérotées à l’usine.
"Poyz’N’Pirlz est une idée qui est née il y a 2 ans avec Dj Gero, on voulait un nom qui regrouperait toutes nos activités : Musiques, soirées, graphisme et fringues. C’est une communauté, un crew, un mouvement, notre interprétation de “boys and girls”." (Source Meetatalent).


What's the point ?
Ce qui est particulièrement impressionnant c'est l'hétérogénéité des personnes impliquées dans l'aventure. En créant une communauté et non seulement une marque, Poyz & Pirlz profite des talents de tous. Les photographes shootent, les musiciens jouent aux soirées, les fêtards festoyent, devenant chacun des relais influents pour la marque.
Le deuxième élément est l'interraction perpétuelle entre monde réel et monde virtuel. Les soirées ne s'opposent pas au groupe Facebook, transmettant les nouvelles de Poyz & Pirlz. Les tee-shirts sont vendus dans des points de vente réels (liste ici) et sur le site internet, Maviou et Mamzelle font des expos mais diffusent aussi leur travail sur le web, de même pour les morceaux de musiques ... Cette complémentarité entre réalité et virtualité permet un effet d'entrainement fort, une mise à disposition des contenus générés par les différentes parties de la communauté, leur réutilisation, leur combinaison et leur diffusion au plus grand nombre.
L'utilisation des réseaux sociaux permet de maintenir un lien fort et constant avec les Poyz et les Pirlz. Groupe libre d'accès, invitation au soirée, push marketing ... toutes ces opérations sont facilités par l'intégration dès la naissance de Poyz & Pirlz des réseaux sociaux et des médias non traditionnels. Lorsqu'une nouvelle collection sort, immédiatement tous les membres relais l'information.

Photobucket
What's missing ?
Selon moi, il ne manque pas grand chose pour que l'effet d'entrainement touche le grand public, à part peut-être une véritable volonté coordinatrice. En effet, le problème de la communauté est intimement liée à la difficulté à avoir une ligne directrice et coordinatrice des actions, nécessitant souvent un leader (le DG, l'entrepreneur ...). Cependant, peut-être que toute la force de ce genre d'entreprise-communauté est de ne pas avoir de leader, juste des partenaires embarqués dans un grande aventure. We'll see !

jeudi 26 mars 2009

E-réputation, comment nettoyer le web

Se construire une réputation sur le web peut être volontaire ou involontaire. A travers la toile, il est possible de trouver de multiples informations publiques influençant la vie réelle (recherche d'un emploi par exemple). La possibilité de numériser sa vie sur internet, principalement à l'aide des réseaux sociaux (photos, vidéos, messages, amitiés ...) et la facilité de retrouver ces informations à l'aide des moteurs de recherche (même si les règles de privacy existent) nous obligent à réfléchir sur la stratégie à mettre en oeuvre sur notre personnal-branding (cf. article : Je suis une marque).

Malheureusement, nous sommes aussi dépendants des autres, des contenus qu'ils diffusent, des messages qu'ils nous laissent, etc.. compliquant donc la tache de contrôle des données diffusées. Un créneau existe pour des sociétés qui nettoieraient la toile de nos défauts. La plus importante est une société californienne, Reputation Defender, fondée il ya deux ans et qui réalise un chiffre d'affaire d'environ 22 millions de dollars (5,5 millions de bénéfices en 2007 selon Forbes).
Reputation Defender se concentre sur les 4 champs ci-dessus, MyChild pour avoir un rapport sur les références concernant son enfant, MyReputation pour sa propre réputation sur internet (rapports & mises à jours), MyPrivacy qui offre la possibilité de nettoyer le web de nos informations personnelles sur plusieurs centaines de sites et MyEdge, permettant de pousser des informations spécifiques aux principaux moteurs de recherche afin de construire sa "e-réputation".
A côté de ça, il existe ClaimID, qui grâce à la semi-norme OpenID (OpenID est un mécanisme qui permet d'avoir un identifiant et un mot de passe sur plusieurs sites permettant principalement de garder son identité et de ne pas ressaisir ses informations), gère et récapitule nos relations avec les sites partenaires (une sorte de carte d'identité numérique). Concernant la réputation, TrustPlus la mesure et permet de la diffuser largement.

Les gains de contrôler sa réputation numérique sont évidents car elle a une incidence sur la vie réelle (de plus en plus de personnes font une recherche sur internet pour mieux connaître et cerner son interlocuteur). Bref, des outils utiles pour éviter la catastrophe sur internet.

lundi 23 mars 2009

Service ou serveur ? SaaS ?

Comment intégrer les nouveaux outils informatiques dans les entreprises ?

Soit on laisse le web entrer dans l'organisation avec moins de coûts (que ce soient des outils purement web, gratuits ou ayant un coût indexé à la consommation - X utilisateurs = X euros-) mais les données sortent de l'organisation (risque de pertes de données stratégiques); soit la solution (si c'est possible) est d'héberger sur les serveurs de l'entreprise avec la nécessité d'administrer le logiciel, avec des coûts de mise en place plus élevés mais plus de sécurité en terme de données protégées et de fiabilité (pas de dépendance à la plateforme web). Le modèle économique présentant des applications logiciels sous forme de services (l'entreprise ne paie que les ressources qu'elle consomme) s'appelle le SaaS pour Software as a Service.

La difficulté pour un certain nombre d'applicatifs est qu'ils n'existent que sur le web, ou que les salariés utilisateurs les consomment en ligne (Facebook pour les réseaux sociaux, Twitter-MSN pour la messagerie, etc...). La sécurité de l'organisation par rapport à ses données sensibles est donc mise à mal par ce genre de comportement. Le premier réflexe est donc de couper les accès, ce qui est une erreur car si les salariés utilisent ces outils, c'est qu'une demande existe et donc que l'organisation ferait mieux de canaliser leur utilisations.

La difficulté de proposer des outils complémentaires et substituts à intégrer dans l'organisation est qu'ils coûtent plus chères, nécessitent de comprendre et d'identifier quels sont les éléments clefs de succès dans les produits et quelle est la transposition à faire dans l'entreprise (en plus d'identifier si l'application deviendra mainstream ou non).

Une double tendance apparait :
D'un côté des entreprises transforment des applicatifs traditionnellement internes à l'entreprise (son ERP par exemple) vers le web, d'un autre côté des sociétés portent à l'intérieur des organisations des services en ligne (voir aussi Stratégie de pénétration des entreprises). La troisième voie est de proposer une application permettant les deux, ce qu'on appelle des applications S+S pour Software + Service (positionnement de Microsoft, voir Google, Microsoft, deux stratégies offline).


Il est intéressant de remarquer qu'internet modifie les comportements des salariés, obligeant les entreprises à s'adapte,r mais aussi les éditeurs de logiciel à se positionner par rapport aux tendances lourdes du marché du logiciel, à choisir entre service et serveur.

A lire :
Le concept de web 2.0 est apparu il y a cinq ans, suivi deux après par le concept de d’entreprise 2.0 et d’Office 2.0. Pourtant, les entreprises continuent encore à s’interroger sur les moyens de s’approprier et d’adapter à leurs organisations les réseaux sociaux.

Source

et aussi sur le blog de Bertrand Duperrin : Chronique d'une déconnection professionnelle